Adama, un spectacle de l’Atelier du sous sol

Adama est un montage de textes réalisé à partir de Tabaski de Marine Bachelot Nguyen et de Migraaaants de Matéi Visniec interprétés par les comédien.n.es de l’atelier On fait du théâtre au sous-sol.  La pièce s’est jouée les 17 et 18 juin 2017 au théâtre de Belleville, le 23 novembre 2017 au Centre d’Animation Victor Gelez et le 16 décembre 2017 au théâtre de Belleville.

Il raconte le parcours migratoire d’un jeune malien, son expulsion du sol français, et son retour à Kibarani, face à l’incompréhension des siens. Il traite des violences policières, de la marchandisation de la misère humaine, des rouages administratifs insondables et de la honte de l’échec.


Adaptation et mise en scène
 : Alice Barbosa et Louise Bataillon
Interprétation : en juin 2017, la pièce a d’abord été interprétée par Alice Barbosa, Myriam Courteille, Céline Decaen, Mina Gauzi, Mamoun Khaled, Boubakar Konaté, Zélie Mohellebi, Abdoulay Sylla, Nassir Youssofzai et Nabil Zennouhi ;
Puis une seconde distribution a été faite lors de la reprise du spectacle à l’automne 2017 avec : Alice Barbosa, Myriam Courteille, Céline Decaen, Juliette Delaplace, Solen Jaffré, Salomon Mbala Métila, Zélie Mohellebi, Ambre Noubissié, Abdoulay Sylla, Nassir Youssofzai et Nabil Zennouhi

Extrait du texte :
« Le Passeur 1 : Montrez-moi vos téléphones portables… Voilà… Est-ce que vous avez pris soin de les recharger ? Bien… Alors, mettez-vous bien ça dans la tête… Ces petits machins-là sont vos vraies bouées de sauvetage.
Le Passeur 2 : Ce sont vos anges gardiens. Ce sont vos boussoles et vos clés d’entrée en Europe.
Le Passeur 1 : Alors, vous allez tous taper un nouveau numéro sur votre téléphone.
Le Passeur 2 : Placez-le en tête de la liste, avant tous les autres… Avant les numéros de vos femmes, de vos mères, de vos pères, de vos frères, de vos cousins, de vos amis, de vos voisins…
Le Passeur 1 : Le numéro que je vais vous donner sera, demain, votre bien le plus précieux.
Le Passeur 2 : Même le numéro de téléphone de Dieu, si jamais il en avait un, ne pourrait aucunement vous servir demain matin, mais celui-ci, oui. µ
Le Passeur 1 : Donc, vous tapez… zéro… zéro… trois… neuf… zéro… deux… neuf… deux… sept… neuf… encore neuf… et encore neuf… Alors répétez-moi tout ça.
Tous, depuis la salle, répètent.
Le Passeur 2 : Alors, ce numéro, c’est quoi ?
Zélie : C’est le numéro d’urgence des gardes côtes de l’Europe.
Le Passeur 2 : Bon, tu n’es pas totalement bête. C’est presque vrai ce que tu dis. Sauf que l’Europe n’a pas de numéro d’urgence. Ça c’est le numéro d’urgence de l’île de Lampedusa.
Le Passeur 1 : Parce que demain matin vous serez à Lampedusa. Et moi, je vais vous laisser à deux kilomètres des plages… Entendu ? Et vous, vous allez appeler les gardes-côtes pour vous tracter sur la terre ferme… Et vous allez commencer une nouvelle vie.
Le Passeur 2 : C’est clair ? »

La captation complète est visible juste ici :