J’appelle mes frères, un spectacle de l’Atelier du sous sol (2015-2016)

J’appelle mes frères (2015 – 2016), un texte de Jonas Hassen Khemiri, a été adapté et mis en scène par Louise Bataillon et Nicolas Hardy dans le cadre de l’atelier On fait du théâtre au sous-sol.

Interprétation : Guilherme Allain, Mody Diakité, Mina Gauzi, Hamidou Kanoute, Stéphane Lévy, Abdoulay Sylla, Nabil Zennouhi

La pièce J’appelle mes frères s’est jouée le 2 juillet 2016 au théâtre de Belleville.

Présentation :

Une voiture piégée explose dans le centre de Paris, semant la panique générale. La police sillonne la ville à la recherche d’un coupable et les habitants sont en proie au doute. Amor, un jeune homme d’origine tunisienne et de confession musulmane, voit peu à peu les regards changer sur lui, alors qu’il arpente discrètement les rues en essayant de ne pas se faire remarquer.

À la recherche d’un anonymat devenu impossible, il est hanté par ce qu’il ressent comme une méfiance accrue à l’égard des “gens comme lui”. Il appelle alors ses frères, et sombre dans les turpitudes de questionnements identitaires : comment continuer à faire corps avec une société qui me craint ?

Extrait du texte :
Amor : Quand je suis sorti et que j’ai regardé mon portable, j’avais cinq appels manqués et trois messages. Tous de Shavi. J’ai fait un signe à un taxi, j’ai donné mon adresse, je me suis installé sur la banquette arrière et j’ai écouté le premier message.
Shavi : Hé mon frère, t’as entendu ? Y a eu deux explosions en plein centre. Ils disent que c’est peut-être un…
Amor : Shavi avait l’air essoufflé comme s’il avait couru.
Shavi : Putain c’est un truc de malade, un vrai truc de malade.
Amor : Rues désertes.
Shavi : Salut c’est encore moi. Ils disent que c’était une voiture remplie d’explosifs, remplie de dynamite.
Amor : Feux qui clignotent.
Shavi : Elle a explosé il y a juste quelques heures. J’espère que c’est pas un…
Amor : Terrasses de café vides.
Shavi : Salut c’est encore moi. Je voulais juste dire que ça y est, ils ont son signalement. Ils disent qu’il ressemble à un…
Amor : Vitrines éteintes.
Shavi : Ils ont renforcé le degré d’alerte au niveau 3 ou rouge ou je sais pas comment on dit quand c’est presque le niveau maximum.
Amor : J’étais assis dans le taxi et je comprenais pas pourquoi il réagissait si fort.
Shavi : Merde putain. Merde.
Amor : Enfin… c’était juste une voiture.
Shavi : Putain putain putain putain.
Amor : Personne n’était… enfin…
Shavi : Rappelle-moi.
Amor : Ça n’avait rien à voir avec nous.
Shavi : Appelle-moi.
Amor : Rien.